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La mutualisation de l’information au cœur d’une nouvelle gouvernance (vidéo)

Notre époque entre dans un nouveau paradigme, qui vient rompre avec le vieux clivage libéralisme / socialisme.

Le clivage libéralisme / socialisme date de l’invention de la machine à vapeur de James Watt en 1783. A partir de cette révolution industrielle, le primat est donné à la performance : il faut investir et amortir les capitaux. Vient ensuite Karl Marx, qui s’oppose fortement à cette philosophie et met le lien social entre les travailleurs au-dessus du reste. De là découle l’idée selon laquelle lien social et performance sont diamétralement opposés.

Dans les Etat social de la France, de l’Europe et du Monde, deux classements des territoires ont été réalisés : le premier selon la performance, combinant différents indicateurs tels que la création d’emploi bien sûr, mais aussi la quantité de brevets déposés, ou la lecture des enfants à l’école ; et le second, selon le lien social, combinant des facteurs tels que le taux de suicide, l’implication dans le tissu associatif ou encore les disparités d’endettement du territoire étudié.

Or, lorsque l’on croise ces deux classements, on observe que, là où il y a du lien social, il y a de la performance, et inversement : là où il n’y a pas de lien social, il n’y a pas de performance. Les deux fonctionnent donc comme un tandem, il n’y a pas de choix à réaliser entre les deux, pas de primeur à donner à l’un ou à l’autre.

La clé explicative des territoires réussissant à combiner lien social et performance réside dans la mutualisation de l’information. En effet, lorsque l’on a connaissance et conscience des signaux d’alerte, des idées, des faits etc., on a la possibilité d’élaborer des projets communs. La performance globale repose sur l’implication des acteurs dans la construction de l’avenir du collectif : l’enjeu consiste à associer chacun à la recherche des meilleures solutions à des problèmes mieux compris et mieux partagés. L’enjeu de la gouvernance moderne est donc d’organiser la circulation de l’information.

La gouvernance, nouveau paradigme (vidéo)

Il s’agit de dépasser le clivage libéralisme / socialisme !

A l’inverse de ce que d’aucuns pensent, les niveaux de cohésion sociale et de performance ne s’opposent pas. Ils se combinent. La source de la cohésion et de la réussite collective réside dans la qualité des mécanismes de partage de l’information. Le vrai débat politique doit donc porter sur l’émergence d’une nouvelle ère démocratique.

Les cartographies des rapports L’état social du monde, de l’Europe et de la France montrent que les territoires combinent lien social et performance. Il n’y a donc pas de choix à faire entre porter son attention aux personnes ou plutôt à leurs résultats. Les deux dimensions sont aussi importantes l’une que l’autre. L’analyse qualitative des entités une à une révèle que la clé réside dans les mécanismes structurels et culturels qui autorisent, favorisent et même obligent les acteurs à entendre leurs différences : c’est le partage de l’information qui fait à la fois le vivre ensemble et le réussir ensemble. Lorsque l’information n’est pas partagée, on observe une concentration des pouvoirs, ce qui exclut de fait une partie des idées, des faits et des personnes. Et cette exclusion est antithétique à la démocratie citoyenne…

En organisant le dialogue et en donnant la parole à tous sans distinction, un meilleur niveau de compréhension est atteint. Ainsi est-il possible de construire, par des mécanismes de gouvernance, plus de respect de la diversité des personnes, des faits et des idées.

La performance durable dépend de l’imbrication équilibrée de différentes formes de pouvoirs au sein d’un même système. La clé ne réside pas tant dans la multiplication des contrepouvoirs que dans la propagation d’une culture de responsabilité intellectuelle. Il s’agit donc de s’assurer que la plus grande partie possible des acteurs sont bien impliqués dans la recherche de l’intérêt général. Ainsi peut-on alors tendre à une démocratie adulte.

Bien sûr, aucun des candidats, n’est despotique à proprement parler – mais aucun ne propose de réflexion collective et de débat public non plus. Chacun d’eux vise à gouverner seul, entouré de sa seule équipe rapprochée. Une telle configuration peut produire quelques succès  à court terme, mais ne garantit pas la réussite collective sur une longue durée, au contraire. L’absence d’une démocratie adulte, citoyenne, annonce un risque d’échec sociétal.

Il est temps d’ajouter un étage, un processus d’échange, de dialogue et de synthèse, à la fois vertical et horizontal, au système politique qui donnera à chacun toute sa place : les élus, les experts et les citoyens !

Pourquoi Le Pen et Macron seront au second tour des présidentielles 2017 (vidéo)

Dans la version 2017 du système politique, ce ne sont plus les appareils des grands partis qui adoubent leur champion. Avec les primaires, les apparatchiks n’ont pas été en situation de filtrer : les bases électorales l’ont emporté sur les éléphants. Dans cette nouvelle donne, la source du potentiel de succès final des candidats est transformée. Plus que les jeux d’acteurs internes chez les deux grands, c’est l’ensemble de la société qu’il faut désormais regarder.

Une élection en deux tours se gagne au centre du collège électoral concerné. La lecture des équations politiques personnelles est modifiée du fait de la désignation des candidats par des primaires plutôt que par une instance dirigeante fermée et donc contrôlable : ce n’est plus la capacité à réaliser le plus grand écart entre les têtes des courants internes, dont la représentativité s’efface derrière les personnalités et les alliances, mais le positionnement transparent central à l’ensemble du parti. Les primaires des deux grands partis PS et LR ont donc vu l’emporter des positions plutôt centrales à leurs propres courants internes : leurs candidats retenus se trouvent donc décentrés sur l’échiquier politique général. Ce qui laisse l’avenue centrale grande ouverte. Peuvent s’en saisir ceux qui maîtrisent leur propre parti – ce qui ne constitue pas un label de démocratie….- au point de se positionner au mieux sur l’échiquier qui régit depuis deux siècles la politique dans les pays industrialisés : Lien social / Performance.

Les rapports L’état social du monde, de l’Europe et de la France ont établi un classement des territoires en termes de lien social et de performance. Pourquoi ces deux dimensions ? Depuis la révolution industrielle, il existe un clivage entre une pensée libérale et une pensée socialiste, entre Capital et Travail. Pour la première, la performance est plus importante que le lien social, tandis que la seconde privilégie le lien social au détriment de la performance. A l’instar des territoires, nous pouvons positionner les différents candidats selon ces deux critères. Côté lien social, nous retrouvons Jean-Luc Mélenchon, qui veut limiter les revenus à 400 000€, ce qui ne pousse pas à la surperformance ; et Benoit Hamon, qui défend l’idée d’un revenu universel, sans critères discriminants et donc sans compétences, efforts ni réussite avérée aucune. A l’opposé, François Fillon vise quant à lui plutôt la performance de l’État, au risque de déstabiliser le lien social, par exemple en ne renouvelant pas 500 000 postes de fonctionnaires sans concertation.

Dans l’entre-deux, se situent Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Le Pen, car elle voudrait limiter le lien social aux seuls nationaux : elle s’écarte du lien social ouvert à tous sans pour autant chercher la performance – c’est en ce sens que l’on peut parler de « socialisme national ». Macron, parce qu’il ne donne le primat ni au lien social, ni à la performance, sans pour autant poser les conditions d’une double dynamique – proche de la position de Juppé avant qu’il ne se retire de la course présidentielle.

Or, Le Pen et Macron sont en tête des intentions de vote dans les sondages. Il s’avère donc que se positionner par trop dans le lien social ou la performance engendre un risque de décrochage électoral. Ainsi, le vrai problème du candidat Fillon ne réside pas tant l’affaire Pénélope, que dans un programme décalé par rapport à l’équilibre Lien social / Performance.

Cependant, sortir de la rupture idéologique libéral / social de l’ère industrielle recèle la difficulté conséquente de la méthode de pilotage de la réforme : comment l’élu(e) mettra t’il/elle en œuvre ses propositions, quel que soient leurs niveaux de pertinence ? Annoncer une nouvelle équipe ne saurait suffire… annoncer une nouvelle méthode sans dire laquelle non plus…!