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Les ruptures actuelles (vidéo)

Le nombre de ruptures auxquelles nous devons faire face est inédit

Une rupture est généralement définie comme une cassure, une interruption, comme quelque chose de brusque et sans continuité. Il n’en demeure pas moins que la rupture puisse être synonyme de renouveau, et exige un effort de réflexion et d’imagination pour s’y adapter. Or, nous n’avons encore jamais été confrontés à un tel cortège de ruptures que celui auquel nous assistons actuellement. Et si l’heure était venue d’amorcer un dialogue collectif, un co-diagnostic, et enfin un projet partagé pour y faire face ?

Notre période contemporaine est marquée par une grande quantité de ruptures drastiques :

  • Technologique : le temps et la distance sont abolis.
  • Économique : des territoires sont en situation de plein emploi, mais pas la France. Le plein emploi est effectif dans certains territoires, mais pas en France.
  • Sociale : le niveau de vie des retraités diminue pour la première fois.
  • Financière : la spéculation à l’œuvre empêche les entreprises de se projeter sur le long terme.
  • Environnementale : la diversité est mise à mal, et certaines matières premières arrivent à épuisement.
  • Démographique : la population africaine était de 200 millions il y a 50 ans, aujourd’hui elle est de 1 milliard de personnes, et on estime qu’elle aura doublé dans cinquante ans.

Ces ruptures demandent une réorganisation, une restructuration profonde, à l’image de la rupture démographique qui demande de repenser le lien migratoire entre l’Afrique et l’Europe. les ruptures sont nécessairement accompagnées d’une remise en cause de la légitimité, car les dirigeants n’arrivent pas à se saisir collectivement des problèmes. Et qui pourrait prétendre résoudre ce genre de problèmes tout seul ? On assiste donc à une importante crise de confiance qui demande de redéfinir les mécanismes de gouvernance.

La mutualisation de l’information au cœur d’une nouvelle gouvernance (vidéo)

Notre époque entre dans un nouveau paradigme, qui vient rompre avec le vieux clivage libéralisme / socialisme.

Le clivage libéralisme / socialisme date de l’invention de la machine à vapeur de James Watt en 1783. A partir de cette révolution industrielle, le primat est donné à la performance : il faut investir et amortir les capitaux. Vient ensuite Karl Marx, qui s’oppose fortement à cette philosophie et met le lien social entre les travailleurs au-dessus du reste. De là découle l’idée selon laquelle lien social et performance sont diamétralement opposés.

Dans les Etat social de la France, de l’Europe et du Monde, deux classements des territoires ont été réalisés : le premier selon la performance, combinant différents indicateurs tels que la création d’emploi bien sûr, mais aussi la quantité de brevets déposés, ou la lecture des enfants à l’école ; et le second, selon le lien social, combinant des facteurs tels que le taux de suicide, l’implication dans le tissu associatif ou encore les disparités d’endettement du territoire étudié.

Or, lorsque l’on croise ces deux classements, on observe que, là où il y a du lien social, il y a de la performance, et inversement : là où il n’y a pas de lien social, il n’y a pas de performance. Les deux fonctionnent donc comme un tandem, il n’y a pas de choix à réaliser entre les deux, pas de primeur à donner à l’un ou à l’autre.

La clé explicative des territoires réussissant à combiner lien social et performance réside dans la mutualisation de l’information. En effet, lorsque l’on a connaissance et conscience des signaux d’alerte, des idées, des faits etc., on a la possibilité d’élaborer des projets communs. La performance globale repose sur l’implication des acteurs dans la construction de l’avenir du collectif : l’enjeu consiste à associer chacun à la recherche des meilleures solutions à des problèmes mieux compris et mieux partagés. L’enjeu de la gouvernance moderne est donc d’organiser la circulation de l’information.

La racine de la performance durable dans le dialogue (vidéo)

Vivre ensemble nécessite une réflexion commune, et réfléchir ensemble implique le dialogue.

Dans toute société, le vivre ensemble et le réussir ensemble reposent sur l’agir ensemble. Mais pour agir ensemble, il faut être ensemble, et pour être ensemble, il faut penser ensemble. Et penser ensemble se fait en comprenant ensemble, et donc, en réfléchissant ensemble.

Mais pour réfléchir ensemble, il faut organiser un dialogue où l’on permet à chacun de prendre la parole, quel que soit son parcours ou son niveau de connaissance. Et qui dit dialogue dit aussi capacité d’écoute. Si la parole est distribuée à tous, si le dialogue est structuré, alors on peut tendre vers une situation de mieux vivre et mieux réussir ensemble.

La gouvernance, nouveau paradigme (vidéo)

Il s’agit de dépasser le clivage libéralisme / socialisme !

A l’inverse de ce que d’aucuns pensent, les niveaux de cohésion sociale et de performance ne s’opposent pas. Ils se combinent. La source de la cohésion et de la réussite collective réside dans la qualité des mécanismes de partage de l’information. Le vrai débat politique doit donc porter sur l’émergence d’une nouvelle ère démocratique.

Les cartographies des rapports L’état social du monde, de l’Europe et de la France montrent que les territoires combinent lien social et performance. Il n’y a donc pas de choix à faire entre porter son attention aux personnes ou plutôt à leurs résultats. Les deux dimensions sont aussi importantes l’une que l’autre. L’analyse qualitative des entités une à une révèle que la clé réside dans les mécanismes structurels et culturels qui autorisent, favorisent et même obligent les acteurs à entendre leurs différences : c’est le partage de l’information qui fait à la fois le vivre ensemble et le réussir ensemble. Lorsque l’information n’est pas partagée, on observe une concentration des pouvoirs, ce qui exclut de fait une partie des idées, des faits et des personnes. Et cette exclusion est antithétique à la démocratie citoyenne…

En organisant le dialogue et en donnant la parole à tous sans distinction, un meilleur niveau de compréhension est atteint. Ainsi est-il possible de construire, par des mécanismes de gouvernance, plus de respect de la diversité des personnes, des faits et des idées.

La performance durable dépend de l’imbrication équilibrée de différentes formes de pouvoirs au sein d’un même système. La clé ne réside pas tant dans la multiplication des contrepouvoirs que dans la propagation d’une culture de responsabilité intellectuelle. Il s’agit donc de s’assurer que la plus grande partie possible des acteurs sont bien impliqués dans la recherche de l’intérêt général. Ainsi peut-on alors tendre à une démocratie adulte.

Bien sûr, aucun des candidats, n’est despotique à proprement parler – mais aucun ne propose de réflexion collective et de débat public non plus. Chacun d’eux vise à gouverner seul, entouré de sa seule équipe rapprochée. Une telle configuration peut produire quelques succès  à court terme, mais ne garantit pas la réussite collective sur une longue durée, au contraire. L’absence d’une démocratie adulte, citoyenne, annonce un risque d’échec sociétal.

Il est temps d’ajouter un étage, un processus d’échange, de dialogue et de synthèse, à la fois vertical et horizontal, au système politique qui donnera à chacun toute sa place : les élus, les experts et les citoyens !