Qu’est-ce que le vrai dialogue ?

L’Odis a identifié les conditions et les acteurs nécessaires à l’établissement d’un dialogue équilibré et juste : le dialogue W.

  1. Pourquoi les dialogues actuels ne sont pas efficaces : ils ne réunissent pas la diversité des acteurs.
  2. Le vrai dialogue : le dialogue W prend en compte l’ensemble des parties prenantes
  3. Les 5 dimensions d’un dialogue réussi

Pourquoi les dialogues actuels ne sont pas efficaces ?

Les principaux points d’achoppement se situent au niveau des acteurs :

Les participants : à l’heure actuelle, leur présence est limitée/la diversité des participants n’est pas respectée. On ne compte ainsi que trois archétypes de participants dans un débat classique :

  • Les sympathisants : les convaincus, les proches
  • Les obligés : redevables à l’organisateur
  • Les contres : opposants à l’organisateur

 ⇒ Absence de parties prenantes

Les intervenants : les intervenants sont les participants qui prennent la parole. Or, dans un débat traditionnel, il n’y a que certaines personnes qui vont s’exprimer d’elles-mêmes. On peut donc dire que la parole est confisquée (elle n’est pas distribuée) :

  • Les extravertis : les forts en gueule
  • Les orateurs : aisance d’expression orale
  • Les suiveurs : en accord avec l’avis dominant

⇒ La majorité silencieuse se tait

L’animateur : expert thématique / Amateur : un animateur nommé parce qu’il dispose d’une bonne connaissance sur le thème du débat en question, ou bien tout simplement parce qu’il est motivé, ne dispose pas des outils et de la méthode nécessaires au bon déroulement du dialogue. Ainsi affleurent plusieurs risques :

  • Une préparation non exhaustive
  • Une reformulation aléatoire et partisane
  • Un agencement partiel des arguments

⇒ Synthèse = empilement subjectif d’idées

 

Le vrai dialogue : le Dialogue W

Au contraire, voici ce que devrait présenter un vrai débat :

Les participants : le débat doit être ouvert à tous. La diversité des participants, des acteurs doit être embrassée, afin que tous les points de vue, toutes les idées soient représentés.

  • Les concernés : invités des coorganisateurs
  • Les constructifs : porteurs de propositions
  • Les praticiens : acteurs de terrain

⇒ Présence des acteurs responsables

Les intervenants : la parole distribuée méthodiquement afin que les différents profils des intervenants puissent affleurer :

  • Les introvertis : leur expression doit être accompagnée
  • Les minoritaires : sollicitation systémique
  • Les innovants : ils sont mis en valeur, ils ne sont plus à l’écart

⇒ Les minorités s’expriment

L’animateur : ce n’est pas un expert thématique, mais un expert de la méthode :

  • Préparation exhaustive : recueil de tous les faits et les idées auprès de tous les acteurs
  • Reformulation dans la grille : positionnement des acteurs et analyse
  • Agencement de tous les arguments

⇒ Synthèse = raisonnement collectif objectivé

 

Les 5 dimensions du dialogue

Le dialogue est un échange organisé qui se définit à travers cinq dimensions interconnectées :

  • Les interlocuteurs : avec qui parle-t-on ? Un vrai dialogue est ouvert à toutes les parties prenantes concernées directement ou indirectement par l’une des options envisagées par l’ensemble des acteurs. Pour qu’un dialogue efficace s’instaure, chacun doit pouvoir s’exprimer équitablement et écouter avec bienveillance, et sans complaisance, toutes les sources d’information, d’analyse et de proposition.
  • Le thème : de quoi parle-t-on ? Pour le Maréchal Foch, la question clé était toujours : « De quoi s’agit‑il ?« . Bien poser le problème est une phase préalable à sa résolution. Le dialogue se tient donc toujours sur un thème spécifique.
  • Le moment : quand parle-t-on ? Le dialogue se tient en amont de la décision. Une fois qu’une décision est prise, le décideur communique pour informer. Si la décision a déjà été prise ou est sur le point d’être prise au moment où s’organise le dialogue, celui-ci devient alors de la manipulation. Mieux vaudrait alors s’en tenir à des explications en communiquant sans prétendre au dialogue.
  • Le lieu : où parle-t-on ? Un dialogue ouvert se tient sur un territoire dont la localisation, les moyens logistiques et l’image qu’il véhicule sont à équidistance de toutes les parties prenantes invitées à participer et à se réunir. Le lieu doit être neutre dans l’imaginaire des participants.
  • La méthode : comment parle-t-on ? Le processus se décompose en cinq grandes phases : les dirigeants sollicitent les avis et propositions de tous, les informations collectées sont classées, elles sont analysées par des personnes qui forment un groupe légitime aux yeux de tous, les éléments du débat et de l’analyse sont diffusés à tous, et enfin, les décideurs décident.