La montée de l’abstention : comprendre le message des abstentionnistes (vidéo)

L’abstention aux élections présidentielles était de 20,52% au premier tour en 2012, soit plus de 4 points supérieure à 2007 (16,22%) !

Lors d’une élection ou d’un référendum, le comportement d’abstention correspond au fait de ne pas participer au vote : les personnes qui s’abstiennent sont qualifiées d’« abstentionnistes ». Ne doivent donc pas être considérées comme « abstentionnistes » les personnes qui votent blanc ou nul. Les motivations des abstentionnistes sont multiples et variées. En cas de fort niveau d’abstention la légitimité des décisions ou des résultats d’élections peut être fragilisée par l’idée que la « majorité silencieuse » ne se serait pas exprimée par le vote.

Deux grandes catégories d’abstentionniste peuvent être dessinées :

  • Les éloignés de la chose publique : « ma voix est une parmi tant d’autres, je n’ai aucun poids, donc je me contente de ma vie à moi ». Ils choisissent de ne pas porter leur responsabilité de citoyen, et ce situent de ce fait en retrait de la vie politique.
  • Les préoccupés de la chose publique : ils s’intéressent aux enjeux de société, écoutent des débats, se renseignent sur l’offre politique et choisissent au sein de celle-ci, mais ils voient leur candidat une fois élu ne pas appliquer son programme. Déçus à plusieurs reprises, ils entrent dans un discours où les politiques sont « impuissants » ou « menteurs », et refusent alors d’aller voter.

De toute façon, les problèmes auxquels le politique doit faire face sont extrêmement compliqués, et ne peuvent être résolus « tout seul dans son coin ». Donc avant tout, le citoyen doit avoir le courage de dire « je n’attends pas de vous que vous ayez la solution pour tout, mais que vous mettez en situation de résoudre ces problèmes ». Au niveau du discours du politique lui-même, cela signifie dire que :

  1. « Je ne sais pas tout »
  2. « Ce que je sais, c’est qu’il va falloir tous s’y mettre »

En cela le politique, et plus spécifiquement le Président, doit faire preuve d’humilité et d’une maîtrise pratique du co-diagnostic et du projet commun.