L’État français omniprésent (vidéo)

La France est dotée d’un pouvoir centralisé et expansif

L’État français comporte deux attributs notables. Le premier est sa centralisation, c’est-à-dire que son mode d’organisation administratif, qui repose sur la volonté de prendre toutes les décisions dans un seul et même lieu, afin de tendre à une égalité de traitement pour les administrés. Le second est le fait qu’il soit un « État-providence », ce qui signifie qu’il se dote de larges compétences réglementaires, économiques et sociales dans l’objectif d’assurer non plus des fonctions régaliennes uniquement, mais aussi sociales envers le citoyen.

En France, le pouvoir est hypercentralisé à Paris. En comparaison, si l’on jette un coup d’œil aux États-Unis, on peut observer qu’il existe plusieurs centres névralgiques : le siège économique est à New York, le siège politique à Washington, ou encore le siège des médias se situe à Los Angeles. De même pour l’Allemagne. Mais en France, quand on regarde la carte routière, il est indéniable que tous les axes convergent vers Paris. Paris est donc un omni-siège.

L’État français central concentre les pouvoirs, et se comporte comme un acteur expansif, sur quatre plans :

  1. Sur le plan de la régulation : par exemple, le droit du travail aujourd’hui a triplé en comparaison de celui d’il y a cinquante ans. Il s’est « enrichi » (complexifié) d’une cinquantaine de codes complémentaires, tels que celui du cinéma, celui de l’immobilier, etc. L’État produit énormément de règles pour encadrer les acteurs, ce qui les infantilise.
  2. Sur le plan de la formation : il existe des diplômes « reconnus d’État », notamment ceux pour exercer des professions tels que coiffeur ou …. Mais comment l’État peut-t-il savoir comment couper des cheveux ? En outre, il existe aussi des Grandes Écoles, qui sont directement affiliées à l’État, telles que Polytechnique, l’ENS, ou l’ENA. L’État opère donc une sélection des talents à son profit.
  3. Sur le plan économique : l’État est un géant économique : la majorité des grandes entreprises françaises lui appartiennent ou lui ont appartenu, comme EDF ou Total. Et même si cette appartenance n’est pas officielle, on peut la remarquer à ce les dirigeants des entreprises du CAC40, excepté ceux qui dirigent leur propre entreprise, les autres dirigeants, élus par une assemblée générale, sont issus des grandes écoles précédemment citées.
  4. Sur le plan social : l’État est le médiateur social par excellence. C’est lui qui convoque les partenaires sociaux, mais sans participer au débat : il a déjà la solution avant même que le problème n’ai été précisément défini.

Il ressort de cela qu’il est difficile d’exister en France en dehors du système public. Mieux, les Français attendent tout de l’État : l’État est sur-responsabilisé en dépit du citoyen lui-même. Mais l’État ne peut s’occuper de l’ensemble de problèmes si divers. Il est donc souvent en situation d’échec, et alors il est renversé. C’est pour cela que depuis 1789, on a vu en France, se succéder pas moins de seize régimes constitutionnels différents.

Et un changement de constitution pour une VIème République, comme le suggèrent certains, ne résoudrait rien ; pour que l’État français ne soit plus centralisé, il faut donner la parole au citoyen, pour qu’il devienne enfin responsable de toute la cité.

Et il serait temps, dans la mesure où la France, classée 42ème sur 176 pays en termes de performance en 2012 dans l’État social du monde, est descendue à la 55ème place en 2015 !