Archives de catégorie : La parole aux citoyens

Décrypter l’actualité et la société à travers le prisme de l’intelligence sociale

La gouvernance, nouveau paradigme (vidéo)

Il s’agit de dépasser le clivage libéralisme / socialisme !

A l’inverse de ce que d’aucuns pensent, les niveaux de cohésion sociale et de performance ne s’opposent pas. Ils se combinent. La source de la cohésion et de la réussite collective réside dans la qualité des mécanismes de partage de l’information. Le vrai débat politique doit donc porter sur l’émergence d’une nouvelle ère démocratique.

Les cartographies des rapports L’état social du monde, de l’Europe et de la France montrent que les territoires combinent lien social et performance. Il n’y a donc pas de choix à faire entre porter son attention aux personnes ou plutôt à leurs résultats. Les deux dimensions sont aussi importantes l’une que l’autre. L’analyse qualitative des entités une à une révèle que la clé réside dans les mécanismes structurels et culturels qui autorisent, favorisent et même obligent les acteurs à entendre leurs différences : c’est le partage de l’information qui fait à la fois le vivre ensemble et le réussir ensemble. Lorsque l’information n’est pas partagée, on observe une concentration des pouvoirs, ce qui exclut de fait une partie des idées, des faits et des personnes. Et cette exclusion est antithétique à la démocratie citoyenne…

En organisant le dialogue et en donnant la parole à tous sans distinction, un meilleur niveau de compréhension est atteint. Ainsi est-il possible de construire, par des mécanismes de gouvernance, plus de respect de la diversité des personnes, des faits et des idées.

La performance durable dépend de l’imbrication équilibrée de différentes formes de pouvoirs au sein d’un même système. La clé ne réside pas tant dans la multiplication des contrepouvoirs que dans la propagation d’une culture de responsabilité intellectuelle. Il s’agit donc de s’assurer que la plus grande partie possible des acteurs sont bien impliqués dans la recherche de l’intérêt général. Ainsi peut-on alors tendre à une démocratie adulte.

Bien sûr, aucun des candidats, n’est despotique à proprement parler – mais aucun ne propose de réflexion collective et de débat public non plus. Chacun d’eux vise à gouverner seul, entouré de sa seule équipe rapprochée. Une telle configuration peut produire quelques succès  à court terme, mais ne garantit pas la réussite collective sur une longue durée, au contraire. L’absence d’une démocratie adulte, citoyenne, annonce un risque d’échec sociétal.

Il est temps d’ajouter un étage, un processus d’échange, de dialogue et de synthèse, à la fois vertical et horizontal, au système politique qui donnera à chacun toute sa place : les élus, les experts et les citoyens !

Reconnaître l’engagement citoyen (vidéo)

Notre mode d’évaluation de la personne ne prend pas bien en compte les valeurs partagées ni les savoirs et compétences acquis à l’extérieur de la sphère professionnelle.

La diversité de la société est telle qu’elle soulève une kyrielle de questionnements : est-ce que la parité homme/femme est respectée ? Est-ce qu’on donne leur chance aux jeunes ? Est-ce que l’on écoute les seniors ? Est-ce que l’on est capable d’entendre des gens qui n’ont pas eu le bon diplôme à vingt ans ?

L’enjeu de la diversité est donc de réussir à regarder l’ensemble de la personne, de regarder tout son parcours, et pas seulement son parcours scolaire. Et d’accepter la pluralité des vécus et des idées. Par exemple, il ne s’agit pas de regarder uniquement ce que la personne a réalisé professionnellement, mais aussi extra-professionnel : des talents sont acquis lors d’actions personnelles et citoyennes. Ne pas se limiter au professionnel, c’est l’ambition du CV citoyen qui a fait l’objet de l’amendement Odis.

Plus loin, il ne faut pas uniquement prendre en compte ce qui a été réalisé. Il y a aussi ce qui a été essayé. Parce que ceux qui réussissent le plus, c’est ceux qui essayent, et donc échouent, le plus. Comment faire pour valoriser l’échec ?

La vraie diversité, c’est donc de comprendre la totalité des socioprofils possibles et existants, afin de les intégrer dans la société et dans l’ensemble des organisations. Il faut en conséquence réformer l’école, le mode managérial, le mode de valorisation. Ne regarder que le diplôme, c’est prendre le risque de passer à côté de l’essentiel de la personne. Mettre en perspective l’ensemble des aspects de la personne, c’est la respecter.

La montée de l’abstention : comprendre le message des abstentionnistes (vidéo)

L’abstention aux élections présidentielles était de 20,52% au premier tour en 2012, soit plus de 4 points supérieure à 2007 (16,22%) !

Lors d’une élection ou d’un référendum, le comportement d’abstention correspond au fait de ne pas participer au vote : les personnes qui s’abstiennent sont qualifiées d’« abstentionnistes ». Ne doivent donc pas être considérées comme « abstentionnistes » les personnes qui votent blanc ou nul. Les motivations des abstentionnistes sont multiples et variées. En cas de fort niveau d’abstention la légitimité des décisions ou des résultats d’élections peut être fragilisée par l’idée que la « majorité silencieuse » ne se serait pas exprimée par le vote.

Deux grandes catégories d’abstentionniste peuvent être dessinées :

  • Les éloignés de la chose publique : « ma voix est une parmi tant d’autres, je n’ai aucun poids, donc je me contente de ma vie à moi ». Ils choisissent de ne pas porter leur responsabilité de citoyen, et ce situent de ce fait en retrait de la vie politique.
  • Les préoccupés de la chose publique : ils s’intéressent aux enjeux de société, écoutent des débats, se renseignent sur l’offre politique et choisissent au sein de celle-ci, mais ils voient leur candidat une fois élu ne pas appliquer son programme. Déçus à plusieurs reprises, ils entrent dans un discours où les politiques sont « impuissants » ou « menteurs », et refusent alors d’aller voter.

De toute façon, les problèmes auxquels le politique doit faire face sont extrêmement compliqués, et ne peuvent être résolus « tout seul dans son coin ». Donc avant tout, le citoyen doit avoir le courage de dire « je n’attends pas de vous que vous ayez la solution pour tout, mais que vous mettez en situation de résoudre ces problèmes ». Au niveau du discours du politique lui-même, cela signifie dire que :

  1. « Je ne sais pas tout »
  2. « Ce que je sais, c’est qu’il va falloir tous s’y mettre »

En cela le politique, et plus spécifiquement le Président, doit faire preuve d’humilité et d’une maîtrise pratique du co-diagnostic et du projet commun.

Macron et la figure christique française (vidéo)

Amalgamer pouvoir temporel et spirituel est une spécificité française

La complaisance donc bénéficiait Emmanuel Macron avant même qu’il ait présenté son programme pour les élections présidentielles est révélatrice d’un trait particulier de l’esprit français : pour faire de la politique en France, avoir une posture christique suffit.

Cela s’explique par le fait que depuis Pépin le Bref, père de Charlemagne, qui fût le premier roi français à se faire sacrer, il existe une confusion entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel. La distinction est nécessaire parce que quand on décide, il n’est pas possible de prendre une décision qui produit un bien immédiat à tout le monde. Chaque décision comporte une difficulté pour une partie du corps social. En cela, le pouvoir temporel, le roi, a besoin d’un acteur à côté, représentant du pouvoir spirituel, qui dise si la décision est bonne ou mauvaise, juste ou injuste. Or en France, le roi est sacré, les deux pouvoirs ont donc fusionné. Cette sacralisation du chef d’État l’autorise à dire : « je sais ce qui est bien ».

Notre Vème constitution a été écrite de manière à fonctionner de la manière suivante : le président est le représentant de la République française, l’incarnation de l’État et le diplomate suprême. Son rôle est comparable à celui du président d’une société, nommé par l’assemblée générale. Quant au Premier Ministre, c’est lui véritablement le chef de l’action gouvernementale, le leader de l’exécutif, à l’image du directeur général d’une entreprise. Mais dans les faits, à l’instar de la plupart des entreprises maintenant, le président se comporte comme le PDG. Par exemple, la réunion hebdomadaire ministérielle se déroule à l’Élysée, et non à Matignon, et c’est le président, par pouvoir partagé, qui nomme et révoque les ministres.

Que le président ait le rôle de décideur principal couplé au pouvoir spirituel est d’une certaine manière, inévitable dans une république laïque. La laïcité induit une posture intégriste qui exclut de l’espace public les religions. Or, Dieu est nécessaire dans la mesure où il apporte une grille de lecture des faits et des idées, et donc accélère et facilite le vivre-ensemble. Ce pouvoir spirituel qui dit le juste, c’est le chef de l’État qui l’assume. Le candidat présidentiel est le candidat à être « chef du juste ». Et cette posture christique place ce dernier seul et exposé face au corps social. Portant des attentes démesurées pour un seul homme, le corps social est déçu, désabusé, et fait alors la révolution.

L’affaire Fillon et le rôle du parlementaire français (vidéo)

Les frasques de François Fillon ont au moins le mérite de nous faire s’interroger sur le rôle du parlementaire.

Le parlementaire est membre d’une assemblée qui assure la représentation du peuple, et donc de l’intérêt général, dans une démocratie. Détenteur du pouvoir législatif, il est principalement chargé de délibérer, de voter les lois et le budget, ainsi que de contrôler l’action du gouvernement. De fait, un régime parlementaire, établissant la responsabilité politique des gouvernants devant les représentants du peuple, est souvent considéré comme étant le meilleur moyen pour exprimer la volonté des citoyens. Pourtant, les parlementaires semblent s’être détournés de cet objectif pour vaquer à des intérêts plus personnels.

Les différentes affaires dont Fillon est le sujet ont secoué les pré-élections. Pourtant, sur le plan juridique, l’utilisation des enveloppes parlementaires est parfaitement libre : le choix des collaborateurs se fait à la discrétion du parlementaire, et il peut leur faire faire ce qu’il souhaite.

Néanmoins, si ce n’est pas un problème juridique, c’est assurément un problème moral : de l’argent public est versé à des gens qui ont un compte bancaire en commun avec l’intéressé. Cela revient à ce qu’il se verse lui-même cet argent, alors que ce dernier devrait être employé à un travail parlementaire, et donc à un travail pour l’intérêt général. C’est là que le bât blesse.

Mais au-delà, cette affaire interroge le rôle du parlementaire en France, et il semblerait bel et bien que le contrat social entre le citoyen et le parlementaire soit défectueux. Les permanences parlementaires hebdomadaires en sont l’illustration. En effet, celles-ci sont consacrées à la résolution de problèmes personnels : l’élu s’occupe du dossier de son administré, et devient ainsi une sorte d’assistante sociale de très haut niveau. Mais en aucun cas cela concourt à l’intérêt général !

La somme des intérêts personnels n’est pas l’intérêt général. Et le parlementaire passant son mandat, voire sa vie, à rendre des services personnels, il est donc « naturel » qu’au bout d’un moment, il considère qu’il soit normal de se servir aussi… alors qu’il devrait s’occuper à la régulation, à l’invention de nouvelles règles.

Et l’on pourrait embrayer sur un autre grand sujet : que deviennent les héritiers, les descendants des parlementaires ? Et bien, sans surprise, ils deviennent parlementaires à leur tour. Obtenir l’investiture d’un parti est une chose ardue, sauf si l’on est parrainé. Les descendants des parlementaires sont donc nettement privilégiés pour reprendre le flambeau, et on trouve ainsi des circonscriptions que l’on pourrait qualifier de « familiale » ou « héréditaire ». Encore une fois, ce phénomène ne suscite pas de problème légal à proprement parler : mais c’est donc bien l’ensemble de notre système politique qui ne satisfait pas des exigences morales.

La méthode du processus W (vidéo)

Contrecarrer le système représentatif avec le dialogue W

Notre système politique représentatif reconnaît à une poignée de personnes élues le droit de représenter un peuple, une nation. La volonté des citoyens s’exprime à travers ces représentants, qui incarnent la volonté générale. Cependant, il semblerait bien que ces derniers s’éloignent de plus en plus des citoyens, et donc de l’intérêt général.

Donner un chèque en blanc, pour des années, à quelqu’un, même « élu » ne fait plus sens. Cela est dû notamment à l’accès illimité à l’information, qui permet à tous d’appréhender « l’envers du décor ». Dans un système représentatif, les décideurs font appel à des experts pour comprendre et résoudre les problèmes. Mais l’ennui est qu’ils sont ainsi les seuls à avoir compris.

Dès lors, comment construire un niveau d’information commun avec le citoyen ? Au moyen du dialogue W ; c’est-à-dire qu’il faut intercaler entre le travail des expert et la prise de décision une multitude de corps intermédiaires. Ce sont les experts qui mettent en équation le problème, et ensuite on peut proposer à tout le monde de le résoudre. Pour cela, il faut distribuer la parole.

Sur le schéma suivant, nous avons en abscisse le temps (de la mise en équation à  la décision), et en ordonnée les différents acteurs, réparti selon leur poids dans la décision. Pour organiser le dialogue et aboutir à une proposition commune, différentes phases se succèdent :

  1. Phase 1 : les décideurs lancent un appel à contribution pour ouvrir le débat.
  2. Phase 2 : toutes les propositions, idées et faits sont recueillis.
  3. Phase 3 : l’ensemble des propositions, idées et faits est remonté vers les experts et les relais, assistés des participants volontaires, et est analysé collectivement et de façon transparente.
  4. Phase 4 : si l’analyse suscite des réactions négatives, ou que des oublis sont soulevés, ceux-ci doivent être pris en compte.
  5. Phase 5 : la synthèse du débat est diffusée, et ouvre la voie à une solution collective

Bien sûr, plus il y a de participants, plus de modules de dialogue devront être déployés.

 

L’État français omniprésent (vidéo)

La France est dotée d’un pouvoir centralisé et expansif

L’État français comporte deux attributs notables. Le premier est sa centralisation, c’est-à-dire que son mode d’organisation administratif, qui repose sur la volonté de prendre toutes les décisions dans un seul et même lieu, afin de tendre à une égalité de traitement pour les administrés. Le second est le fait qu’il soit un « État-providence », ce qui signifie qu’il se dote de larges compétences réglementaires, économiques et sociales dans l’objectif d’assurer non plus des fonctions régaliennes uniquement, mais aussi sociales envers le citoyen.

En France, le pouvoir est hypercentralisé à Paris. En comparaison, si l’on jette un coup d’œil aux États-Unis, on peut observer qu’il existe plusieurs centres névralgiques : le siège économique est à New York, le siège politique à Washington, ou encore le siège des médias se situe à Los Angeles. De même pour l’Allemagne. Mais en France, quand on regarde la carte routière, il est indéniable que tous les axes convergent vers Paris. Paris est donc un omni-siège.

L’État français central concentre les pouvoirs, et se comporte comme un acteur expansif, sur quatre plans :

  1. Sur le plan de la régulation : par exemple, le droit du travail aujourd’hui a triplé en comparaison de celui d’il y a cinquante ans. Il s’est « enrichi » (complexifié) d’une cinquantaine de codes complémentaires, tels que celui du cinéma, celui de l’immobilier, etc. L’État produit énormément de règles pour encadrer les acteurs, ce qui les infantilise.
  2. Sur le plan de la formation : il existe des diplômes « reconnus d’État », notamment ceux pour exercer des professions tels que coiffeur ou …. Mais comment l’État peut-t-il savoir comment couper des cheveux ? En outre, il existe aussi des Grandes Écoles, qui sont directement affiliées à l’État, telles que Polytechnique, l’ENS, ou l’ENA. L’État opère donc une sélection des talents à son profit.
  3. Sur le plan économique : l’État est un géant économique : la majorité des grandes entreprises françaises lui appartiennent ou lui ont appartenu, comme EDF ou Total. Et même si cette appartenance n’est pas officielle, on peut la remarquer à ce les dirigeants des entreprises du CAC40, excepté ceux qui dirigent leur propre entreprise, les autres dirigeants, élus par une assemblée générale, sont issus des grandes écoles précédemment citées.
  4. Sur le plan social : l’État est le médiateur social par excellence. C’est lui qui convoque les partenaires sociaux, mais sans participer au débat : il a déjà la solution avant même que le problème n’ai été précisément défini.

Il ressort de cela qu’il est difficile d’exister en France en dehors du système public. Mieux, les Français attendent tout de l’État : l’État est sur-responsabilisé en dépit du citoyen lui-même. Mais l’État ne peut s’occuper de l’ensemble de problèmes si divers. Il est donc souvent en situation d’échec, et alors il est renversé. C’est pour cela que depuis 1789, on a vu en France, se succéder pas moins de seize régimes constitutionnels différents.

Et un changement de constitution pour une VIème République, comme le suggèrent certains, ne résoudrait rien ; pour que l’État français ne soit plus centralisé, il faut donner la parole au citoyen, pour qu’il devienne enfin responsable de toute la cité.

Et il serait temps, dans la mesure où la France, classée 42ème sur 176 pays en termes de performance en 2012 dans l’État social du monde, est descendue à la 55ème place en 2015 !

Les ruptures actuelles (vidéo)

Le nombre de ruptures auxquelles nous devons faire face est inédit

Une rupture est généralement définie comme une cassure, une interruption, comme quelque chose de brusque et sans continuité. Il n’en demeure pas moins que la rupture puisse être synonyme de renouveau, et exige un effort de réflexion et d’imagination pour s’y adapter. Or, nous n’avons encore jamais été confrontés à un tel cortège de ruptures que celui auquel nous assistons actuellement. Et si l’heure était venue d’amorcer un dialogue collectif, un co-diagnostic, et enfin un projet partagé pour y faire face ?

Notre période contemporaine est marquée par une grande quantité de ruptures drastiques :

  • Technologique : le temps et la distance sont abolis.
  • Économique : des territoires sont en situation de plein emploi, mais pas la France. Le plein emploi est effectif dans certains territoires, mais pas en France.
  • Sociale : le niveau de vie des retraités diminue pour la première fois.
  • Financière : la spéculation à l’œuvre empêche les entreprises de se projeter sur le long terme.
  • Environnementale : la diversité est mise à mal, et certaines matières premières arrivent à épuisement.
  • Démographique : la population africaine était de 200 millions il y a 50 ans, aujourd’hui elle est de 1 milliard de personnes, et on estime qu’elle aura doublé dans cinquante ans.

Ces ruptures demandent une réorganisation, une restructuration profonde, à l’image de la rupture démographique qui demande de repenser le lien migratoire entre l’Afrique et l’Europe. les ruptures sont nécessairement accompagnées d’une remise en cause de la légitimité, car les dirigeants n’arrivent pas à se saisir collectivement des problèmes. Et qui pourrait prétendre résoudre ce genre de problèmes tout seul ? On assiste donc à une importante crise de confiance qui demande de redéfinir les mécanismes de gouvernance.

La mutualisation de l’information au cœur d’une nouvelle gouvernance (vidéo)

Notre époque entre dans un nouveau paradigme, qui vient rompre avec le vieux clivage libéralisme / socialisme.

Le clivage libéralisme / socialisme date de l’invention de la machine à vapeur de James Watt en 1783. A partir de cette révolution industrielle, le primat est donné à la performance : il faut investir et amortir les capitaux. Vient ensuite Karl Marx, qui s’oppose fortement à cette philosophie et met le lien social entre les travailleurs au-dessus du reste. De là découle l’idée selon laquelle lien social et performance sont diamétralement opposés.

Dans les Etat social de la France, de l’Europe et du Monde, deux classements des territoires ont été réalisés : le premier selon la performance, combinant différents indicateurs tels que la création d’emploi bien sûr, mais aussi la quantité de brevets déposés, ou la lecture des enfants à l’école ; et le second, selon le lien social, combinant des facteurs tels que le taux de suicide, l’implication dans le tissu associatif ou encore les disparités d’endettement du territoire étudié.

Or, lorsque l’on croise ces deux classements, on observe que, là où il y a du lien social, il y a de la performance, et inversement : là où il n’y a pas de lien social, il n’y a pas de performance. Les deux fonctionnent donc comme un tandem, il n’y a pas de choix à réaliser entre les deux, pas de primeur à donner à l’un ou à l’autre.

La clé explicative des territoires réussissant à combiner lien social et performance réside dans la mutualisation de l’information. En effet, lorsque l’on a connaissance et conscience des signaux d’alerte, des idées, des faits etc., on a la possibilité d’élaborer des projets communs. La performance globale repose sur l’implication des acteurs dans la construction de l’avenir du collectif : l’enjeu consiste à associer chacun à la recherche des meilleures solutions à des problèmes mieux compris et mieux partagés. L’enjeu de la gouvernance moderne est donc d’organiser la circulation de l’information.

La racine de la performance durable dans le dialogue (vidéo)

Vivre ensemble nécessite une réflexion commune, et réfléchir ensemble implique le dialogue.

Dans toute société, le vivre ensemble et le réussir ensemble reposent sur l’agir ensemble. Mais pour agir ensemble, il faut être ensemble, et pour être ensemble, il faut penser ensemble. Et penser ensemble se fait en comprenant ensemble, et donc, en réfléchissant ensemble.

Mais pour réfléchir ensemble, il faut organiser un dialogue où l’on permet à chacun de prendre la parole, quel que soit son parcours ou son niveau de connaissance. Et qui dit dialogue dit aussi capacité d’écoute. Si la parole est distribuée à tous, si le dialogue est structuré, alors on peut tendre vers une situation de mieux vivre et mieux réussir ensemble.